Conférences du département de philosophie mars et avril 2016 à la salle 422

- - Événements
                                     Conférences du département de philosophie mars et avril 2016 à la salle 422
DateNom du conférencierDomaine de rechercheTitre de la conférence
17 marsBernard Collette
Philosophie ancienneDestin, hasard et déclinaison chez Épicure et Lucrèce

 

Résumé: La théorie de la déclinaison d'Épicure a été sévèrement critiquée, et ce dès l'Antiquité, notamment par l'Académie sceptique. Cicéron, qui reprend des arguments déjà avancés par Carnéade, affirme que la déclinaison est un mouvement sans cause. Si tel était le cas, on devrait comprendre qu’Épicure a violé le principe cardinal de sa physique, celui qui affirme que rien ne vient à l’être à partir de rien (principe de causalité). L’accusation de Cicéron est donc sérieuse et elle a été reprise, en tout ou en partie, par les commentateurs modernes. Dans cette conférence, je voudrais examiner de près les accusations de Cicéron et vérifier si elles sont corroborées par les textes épicuriens eux-mêmes, que ce soit ceux, fragmentaires, issus du Sur la Nature d’Épicure, ou d’autres passages, tirés du poème de Lucrèce (Sur la nature des choses), dont on s’accorde aujourd’hui à reconnaître qu’il s’appuie largement sur les écrits mêmes d’Épicure. Ces textes, selon moi, montrent que Cicéron n’a pas compris la théorie de la déclinaison, laquelle ne concerne pas tant un mouvement, qu’une cause. Je m’emploierai à replacer la théorie de la déclinaison dans son contexte initial, celui de la volonté d’Épicure d’échapper au nécessitarisme démocritéen, et à expliquer quelle fonction la déclinaison devait jouer selon Épicure.
24 marsShenwen LiPhilosophie chinoise

La notion confucéenne de piété filiale et son influence sur la société chinoise



Résumé: En Chine, la piété filiale (xiao) est une des valeurs confucéennes fondamentales, et ce depuis des millénaires. D’origine ancienne, elle se perpétue et continue d’influencer la société chinoise contemporaine. La présente conférence expliquera cette notion et son importance pour le maintien de la stabilité familiale et de l’ordre sociopolitique dans le passé. L’ancien adage  « Gouvernez le monde par la piété filiale !» (yi xiao zhi tian xia) illustre la force de cette tradition. La conférence tentera également de démontrer comment cette ancienne valeur confucéenne, considérée aujourd’hui comme faisant partie de l’héritage culturel national, s’est transformée au fil du temps en contribuant au développement de la société chinoise contemporaine.
DateNom du conférencierDomaine de rechercheTitre de la conférence
7 avril à 14hAmandine Catala
ÉthiqueInjustice épistémique et politique publique
Résumé: Les relations inégalitaires entre différents groupes sociaux peuvent produire ce qu’on appelle l’injustice épistémique, c’est-à-dire un type particulier d’injustice qui affecte les individus spécifiquement en tant qu’agents épistémiques, soit en tant que contributeurs ou utilisateurs de connaissance. Dans cette conférence, je me penche sur les implications de l’injustice épistémique pour certaines questions de politique publique. Je montre en quoi le concept d’injustice épistémique nous permet de mieux saisir certains problèmes sociaux persistants, et par conséquent de mieux envisager la manière dont leur solution doit être amorcée.
14 avril à 16hDon Landes
PhénoménologieLa trace parlante d'une existence. L'éthique de l'intersubjectivité chez Merleau-Ponty
Résumé: Avec la mort de Merleau-Ponty en 1961, l’année même de la parution du livre Totalité et  infini par Lévinas, la tentation est presque irrésistible de se demander ce qui aurait pu  devenir du concept d’ « Autrui » dans l’œuvre de Merleau-Ponty. Pourrions-nous trouver  chez Merleau-Ponty une pensée capable de rendre intelligible l’expérience ou l’existence  d’Autrui ? Pourrions-nous deviner comment il répondrait aux critiques de Lévinas ou  encore aux critiques féministes de Luce Irigaray ? L’ontologie du dernier Merleau-Ponty  peut évidemment paraître confrontée par quelques obstacles fatals en ce qui concerne la question d’Autrui : premièrement, en mettant l’accent sur la visibilité, Merleau-Ponty se  base peut-être sur une conception de la vision qui viserait la « totalisation » d’Autrui ; ou deuxièmement, avec la notion de réversibilité (qui est fondamentale dans son ontologie), Merleau-Ponty manifeste peut-être un préjugé qui implique que l’altérité ne serait qu’une identité entre deux Soi substituables, un rapport de fraternité entre semblables sans différence radicale. Dans cette conférence, nous nous proposons une tout autre façon d’aborder cette question. Au lieu de prendre les textes tardifs comme le point de départ, nous nous concentrons plutôt sur les textes précoces de Merleau-Ponty afin de voir comment la question de l’expérience d’Autrui est déjà à l’œuvre au sein de sa pensée phénoménologique. En examinant la description de la rencontre sociale dans la Phénoménologie de la perception, nous pouvons démontrer que Merleau-Ponty n’est coupable ni d’une vision totalisante ni d’une pensée de l’altérité comme un rapport parfaitement réversible. Pour établir cette conclusion, nous insisterons sur le fait que la rencontre sociale doit être comprise comme une sorte de lecture d’Autrui, c’est-à-dire, nous rencontrons Autrui en lisant « les traces parlantes de son existence », soit son corps, soit ses vestiges

Détails de l'événement

Date de l'évènement : jeudi 17 mars 2016 14:00 - jeudi 14 avril 2016 17:00


Prix : Gratuit $

Partager :
  • Envoyer
  • Imprimer