50e anniversaire du Département de philosophie

Le Département de philosophie de l’Université de Montréal fête cette année son 50e anniversaire. La philosophie y est enseignée depuis 1920, alors qu’il existait une Faculté de philosophie, mais c’est en 1967 que le département fut créé. Pour souligner cet anniversaire, plusieurs activités sont prévues: une série de conférences données par des invités reconnus dans les principaux domaines de la philosophie se tiendra pendant toute l’année. Une table ronde sera aussi organisée le 30 novembre avec pour thème « L’avenir de la philosophie ». Vous êtes toutes et tous cordialement invités à participer à ces événements et à venir célébrer avec nous l’enseignement et la recherche de la philosophie à l’Université de Montréal.

Programmation

Céline Spector (Université Paris-Sorbonne)
Injustice et irrationalité. La philosophie face à la déraison politique.
6 avril 2017, 14h – Salle 1120, Pavillon d'Aménagement

Résumé :

La réflexion sur la justice prend souvent sa source dans une provocation ou un défi, le défi de l’insensé ou de l’immoraliste qui dénonce le caractère illusoire des normes de justice. Sans céder aux pressions du philosophe qui lui peint les merveilles d’une vie selon la vertu, celui qui assume l’éloge de l’injustice refuse de suivre les règles lorsque celles-ci s’avèrent contraires à son intérêt ou à ses désirs. Cet Objecteur récuse les principes de justice qu’il juge absurdes s’ils ne respectent pas ses passions dominantes ou le droit du plus fort ; il dénonce le caractère illusoire de la philosophie dès lors qu’elle prétend prouver l’obligation à être juste. L’insensé se présente d’abord comme un sceptique : il refuse l’idée d’une définition réelle de la justice. A ses yeux, toute théorie de la justice souffre de vanité ou de vacuité ; elle est inutile et incertaine. Mais l’insensé est également cynique : selon lui, les individus ordinaires échapperont toujours au joug des lois sociales à moins de craindre le châtiment. Dès lors, la question surgit : le philosophe parviendra-t-il à répondre à l’insensé sans recourir aux incitations et aux sanctions religieuses ? Brandissant la menace de l’ostracisme ou invoquant les dangers d’un mauvais pari, réussira-t-il à le fléchir ?

Céline Spector est Professeure à l’UFR de Philosophie de l’Université Paris-Sorbonne. Ses travaux portent sur la philosophie française du XVIIIe siècle et sur la philosophie politique contemporaine. Elle a co-dirigé avec Antoine Lilti Penser l’Europe au XVIIIe siècle. Commerce, Civilisation, Empire (Oxford University Studies on the Enlightenment, 2014) ainsi qu’un autre volume collectif intitulé Le sens de la justice. Une utopie réaliste ? Rawls et ses critiques  (Garnier Classiques, 2015). Derniers ouvrages parus : Rousseau. Les paradoxes de l’autonomie démocratique, Michalon, « Le bien commun », 2015 ; Eloges de l’injustice. La philosophie face à la déraison, Paris, Seuil, « L’ordre philosophique », 2016.

Entrevue de Céline Spector avec le journal Le Devoir le 15 avril

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Jocelyn Benoist (Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne)
Intentionalité et réalité
27 avril 2017, 14h – Salle 1120, Pavillon d'Aménagement
Résumé :
L'intentionalité est cette propriété souvent mise en avant comme caractéristique d'au moins une partie de nos états mentaux, de se rapporter à un objet, la référence à cet objet qualifiant intrinsèquement lesdits états. Techniquement on peut dire qu'il n'est légitime de parler d'intentionalité que là où il y a relation interne entre l'état et son objet. Le problème est que la caractérisation de la relation intentionnelle comme relation interne semble ipso facto l'installer dans une forme d'idéalité. Si c'est par elle-même que l'attitude intentionnelle a l'objet qu'elle a et est l'intentionalité qu'elle est, ne se trouve-t-elle pas placée sous le régime d'une immunité de principe par rapport à l'histoire et au cours réel de la vie mentale, quant à elle constitutivement affrontée au réel ? Nous essaierons de surmonter cette aporie et de penser comment les exigences logiques liées au concept d'intentionalité peuvent et doivent être compatibles avec l'existence d'une histoire intentionnelle réelle de l'esprit.

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Claude Panaccio (Professeur émérite - UQAM)
Les problèmes transtemporels en philosophie : le cas des universaux
28 septembre 2017, 14h - Carrefour des arts et sciences - Salle C-3061, Pavillon Lionel Groulx

Résumé :

Comment se peut-il que des débats d'une autre époque, poursuivis dans un contexte intellectuel très différent du nôtre, soient néanmoins pertinents pour la philosophie contemporaine ? On distinguera à ce sujet entre les questions, très variables, que se posent explicitement les philosophes et les phénomènes extérieurs, plus constants, qui font pour eux problème. Et l'on soutiendra que les phénomènes philosophiquement problématiques sont en général d'ordre logico-linguistique et susceptibles de se produire dans des langues diverses. Ces idées seront illustrées par le cas du fameux «problème des universaux», discuté aussi bien dans l'Antiquité grecque, au Moyen Âge latin, en philosophie indienne et en philosophie analytique contemporaine. À travers des variations souvent spectaculaires, le phénomène constant dont il s'agit alors est celui, tout simplement, de la prédication générale et il n'y a rien d'étonnant dans ces conditions à ce que les thèses, les distinctions et les arguments des uns soient pertinents pour les autres. Il n'en suit pas, il faut y insister, que la philosophie se réduise à l'analyse linguistique. L'élucidation du phénomène de la prédication générale, notamment, requiert une théorisation proprement métaphysique.

 


Pascal Engel (EHESS)
La raison fait de la résistance
19 octobre 2017, 14h – Carrefour des arts et sciences - Salle C-3061, Pavillon Lionel Groulx

Résumé :

"La raison fait de la résistance" 

La raison a subi sa dernière vague de désenchantement avec un ensemble de travaux de psychologie cognitive et évolutionniste supposés nous montrer que l’esprit humain n’a pas évolué pour être rationnel, que les humains ne sont pas gouvernés par un respect des faits et de la logique, mais systématiquement victimes de biais destinés à satisfaire nos intérêts. L’activité ordinaire de donner des raisons à nos pensées et à nos actions, celles de raisonner et de juger même,  nous échappe. Qu’il y ait des raisons (des causes) que la raison ne connaît pas n’est pas nouveau. Mais que l’ensemble des activités rationnelles puissent s’expliquer comme des sous-produits d’une consommation sociale et de pratiques éristiques et dialectiques est plus fort de café. Le but de cet exposé est de se demander jusqu’à quel point cette démythologisation de la raison peut aller et si elle est justifiée. On peut douter d’abord des données empiriques supposées venir à l’appui de cette thèse radicale. On peut douter ensuite des oppositions – raison vs intuition, raison vs émotion, esprit lent vs esprit rapide – sur lesquelles se basent ces tentatives pour résoudre « l’énigme de la raison ». On peut aussi se demander si toute l'entreprise n'est pas viciée par des confusions conceptuelles. Même si le territoire de la raison est sans doute moins large qu’on ne l’a cru jadis, la raison a encore les moyens de faire de la résistance. J’essaierai de formuler les principes d’une contre-attaque, en m’appuyant sur une conception normative de l’activité de donner et de rendre raison.

 

Pascal ENGEL sur le site de l'École des Hautes études en sciences sociales 

Pascal Engel, publications sur le site ACADEMIA


Charles Larmore (Brown University)
Titre à venir
30 novembre 2017, 10h – Carrefour des arts et sciences - Salle C-2059, Pavillon Lionel Groulx


Table ronde : l'avenir de la philosophie

  • Anouk Barberousse (Université Paris-Sorbonne)
  • François Duchesneau (UdeM)
  • Charles Larmore (Brown University)
  • Georges Leroux (UQAM)

30 novembre 2017 à 14h – Carrefour des arts et sciences - Salle C-3061, Pavillon Lionel Groulx


Anouk Barberousse (Université Paris-Sorbonne)
Titre à venir
1er décembre 2017, 10h – Carrefour des arts et sciences - Salle C-2059, Pavillon Lionel Groulx


Georges Leroux (Université du Québec à Montréal)

De l'engagement politique au retrait. Une lecture perfectionniste du Songe de Scipion de Cicéron. 

25 janvier 2018, 14h –  Carrefour des arts et sciences - Salle C-3061, Pavillon Lionel Groulx